Le Financial Times a consacré quelques articles récemment au « Printemps des actionnaires » (« shareholder spring » en référence au Printemps arabe). Le plus récent est consacré à une comparaison – très révélatrice – entre la France et les pays anglo-saxons.

Le Printemps des actionnaires a commencé par leurs rebellions lors de quelques assemblées générales remarquées : celle d’Aviva lors de laquelle les investisseurs ont rejeté le plan de rémunération des dirigeants, celle Citigroup aussi, quand un peu plus de la moitié des actionnaires se sont opposés à un projet du même genre, ou encore celle de Barclay’s où cette fois la proposition s’est heurtée à l’opposition d’un tiers des actionnaires.

Le Financial Times explique que le mouvement est venu des Etats-Unis, où depuis deux ans les actionnaires ont la possibilité de voter sur les plans de rémunération (ce que la Commission européenne envisage d’introduire aussi). Le journal se fait aussi l’écho d’une étude qui remet en cause la « anglo-american bonus culture ».

La semaine dernière, le « printemps des actionnaires » est arrivé en France … et de manière révélatrice par l’État. Il faut dire que celui-ci reste un acteur très important de l’économie mais aussi des AG ! Ce qui est un peu anachronique, semble souligner le FT, qui relève ainsi que « la France est particulière en ce que le Gouvernement détient de larges participations dans les principales compagnies internationales du pays et que le gouvernement de Monsieur Hollande n’a pas perdu de temps pour montrer sa détermination réduire de manière vigoureuse les salaires généreux des dirigeants« .

Alors qu’à l’étranger ce sont les actionnaires qui se rebellent, en France c’est l’État qui prend la tête de la contestation et l’organise… au risque de nuire à l’intérêt des dirigeants de travailler en France (hypothèse qu’écartait toutefois le Ministre du redressement productif).

Une tentative d’autorégulation avait été un temps organisée par l’AFEP et le MEDEF (dont le code commun comporte des recommandations en matière de rémunération des dirigeants), qui concernait les entreprises en difficulté (Comité des Sages présidé par Claude Bébéar).