Le débat autour du papier de Raghuram Rajan

Le dernier papier de Raghuram Rajan dans Foreign Affairs, The true lessons of the recession, a suscité un vif débat parmi la communauté des économistes – bloggers aux Etats-Unis.

La thèse de Rajan, professeur d’économie à Chicago, c’est de démonter les arguments keynésiens selon laquelle la crise viendrait d’un problème de demande. Or, écrit-il, « today’s economic troubles are not simply the result of inadequate demand but the result, equally, of a distorted supply side ».

Pour l’expliquer, Rajan revient sur les origines de la crise : une croissance permise par la déréglementation des années 1970 – 1980, fortifiée par les révolutions de la mondialisation (le container et internet), qui a cependant conduit dans le même temps à une augmentation des inégalités, en partie liée aux innovations financières et aux révolutions technologiques (et non, comme de la baisse de la fiscalité : John Cochrane relève « the global rise in inequality over the last 30 years comes from the rising returns to skill, not from lower taxes« ).

Le problème est venu de la réponse des politiques qui ont voulu encourager la consommation, « hoping that if middle-class voters felt like they were keeping up with their richer neighbors (…) they might pay less attention to the fact that their salaries weren’t growint ». D’où le recours au crédit, encouragé par les Gouvernements successifs : « cynical as it may seem, easy credit was used as a palliative by successive administrations unable or unwilling to directly address the deeper problems with the economy or the anxieties of the middle class ».

Analyse intéressante, qui pourrait peut-être être reprise dans le cas Français, le crédit à la consommation étant plutôt public cette fois que privé.

Les solutions de Rajan sont l’austérité (qui permettra la croissance à venir) et des réformes structurelles dont l’amélioration de la formation de la main d’œuvre américaine, une politique favorable aux entreprises (« preserve its entrepreneurial environment »), une consolidation fiscale, et aussi le maintien d’un marché financier dynamique.

Comme le relevait Tyler Cowen, le papier a fait l’objet de multiples débats et réactions (qu’on trouvera sur son site). La plus virulente vient de Paul Krugman qui approuve Karl Smith estimant que ce papier est « nonsense » et s’indigne : « it’s deeply depressing that stuff like this passes for wisdom » (Greg Mankiw, lui, a trouvé l’essai « wise »).

 

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