Dépasser le libéralisme pour penser la société ?

Faut-il dépasser le libéralisme ? ou plutôt faut-il dépasser « les libéralismes » (le social des années 1960, l’économique des années 1980) ? C’est la question que pose David Goodhart dans une intéressante analyse (Financial Times).

Quoiqu’on pense de ses arguments et de son constat, l’auteur pose pour la politique britannique une question qui semble très vraie aussi dans le contexte français : comment « faire société » aujourd’hui ? Comment partager un sentiment de destin commun ?

David Goodhart estime que le « post liberalism » peut y répondre, « not just by managing the economy and public services competently, but by reconnecting with an idea of moral community« . Dans son argumentation, il renvoie très justement aux travaux de Philip Blond, qui est sur les mêmes problématiques.

A le(s) lire, on retrouve bien des interrogations françaises : la question du projet collectif (posée, probablement assez mal, à travers le débat sur l’identité nationale … dont les réponses semblent encore plus confuses), la question de la solidarité (dans un contexte d’Etat providence exsangue et ruiné), la question de la justice sociale , la question des communautés (qui prospèrent sur l’absence de projet collectif, justement) etc.

Ces questions sont de vraies questions, même si une partie du débat public français consiste à le nier. Pour David Goodhart la réponse est dans le « post libéralisme », ce que je ne crois pas. Mais il a raison de soulever ces interrogations.

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Un commentaire sur “Dépasser le libéralisme pour penser la société ?

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  1. Bonjour,

    nous avons travailler récemment avec le concept de « postcritique, » et je me demandais s’il existait des parallèles à établir entre une pensée dite postlibéral et ce mouvement académique qui prône un retour à une métaphysique moins relative — où le savoir conceptuel serait, par exemple, recentrer sur un intérêt ou une voie de recherche, quitte à laisser le multiperspectivisme postmoderne et la pensée critique (par exemple, l’acceptation de biais plus ou moins subjectif dans les cultural studies) de côté pour un temps. En bref, ce n’est pas parce qu’une recherche serait orientée selon des intérêts nationaux ou industriels particuliers qu’elle ne produit pas des résultats vérifiables empiriquement et qu’on doit se priver de construire un savoir à partir des états qu’elle se propose de vérifier. Exit, aussi, peut-être l’interdisciplinarité du même coup. Merci!

    P.-S. Je laisse lien de notre billet qui aborde brièvement le postcritique, sans savoir si vous autorisez la présence d’hyperlien en commentaire; le cas échéant, n’hésitez pas à éditer mon entrée, afin de le retirer de mon commentaire.

    http://www.ton-mile-end.net/vie/?p=20

    Le postcritique est aussi mentionné chez nous dans ces deux entrées, également :

    http://www.ton-mile-end.net/mile-end/?p=163

    et http://www.ton-mile-end.net/parabiblio/?p=43

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