Dans le Financial Times, Gideon Rachman livre une analyse très intéressante sur le syndrome obsidional de la France et relève que l’Hexagone pourrait rapidement devenir un problème pour l’Europe…

L’éditorialiste relève que si Nicolas Sarkozy promet de renforcer les frontières, les projets de François Hollande sur les traités européens et sa rhétorique « anti-marché » pourraient bien semer la panique. D’ailleurs, James Pethokoukis s’en inquiète vivement sur le blog de l’American Enterprise. Il n’y a bien que le New York Times pour tenter de présenter les projets de relance keynésienne du candidat socialiste comme étant une manière différente d’appréhender la crise. Ajouter de la dette à la dette … le succès n’est pas garanti (surtout, précise Rachman, si c’est l’Allemagne qui doit payer !).

Toujours dans le Financial Times, Tony Barber relève par ailleurs qu’au-delà de la France, la situation politique européenne montre combien les électeurs « commencent à perdre confiance dans les systèmes politiques et leurs représentants » (je ne suis pas certain que les électeurs français n’en soient qu’au commencement cependant).  Inquiets, les électeurs semblent n’accorder aucune crédibilité à leurs gouvernements.

Les Etats européens sont confrontés à l’équilibre complexe (comme le vit aujourd’hui l’Italie) par lequel il leur faut apurer les comptes publics et dans le même temps encourager la croissance (par des réformes structurelles, comme l’ont préconisé les rapports Monti, Attali, Camdessus ; pas par le keynésianisme dépassé). Les solutions sont difficiles à mettre en œuvre et longues à produire des résultats. Les électeurs s’en inquiètent, mais c’est bien du « sang et des larmes » que l’avenir laisse entrevoir.

Mais cette situation va au-delà des débats entre austérité et croissance. Le modèle social sur lequel les pays européens vivent depuis des années est épuisé. Il faut le changer, le renouveler, le dépasser. Mais personne n’en parle vraiment dans la campagne actuelle.