« Il faut plus d’immigration ! »

Voici le texte d’un papier que j’ai publié sur le site d’information Atlantico « Il faut plus d’immigration ! »

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L’UMP se penche aujourd’hui sur l’immigration dans une convention spéciale. Face à la Droite populaire et à sa ligne dure, le parti compte aussi des défenseurs de l’immigration, qui mettent en avant ses bienfaits économiques et sociaux.

Ce jeudi se tient la Convention de l’UMP sur l’immigration. Ce parti a le mérite d’aborder un débat que la Gauche ignore. A ce titre, il n’est pas inutile de rappeler quelques constats… et de conclure que ce dont nous avons besoin, c’est de plus d’immigration !

D’un point de vue économique, les études sont unanimes : l’immigration est un formidable atout. Pour les pays d’accueil comme pour les pays d’origine. Les premiers profitent notamment d’un capital humain renouvelé, qualifié ou non, d’une force d’innovation nouvelle. Les seconds bénéficient de flux financiers massifs, qui sont une contribution essentielle à leur développement. Un excellent ouvrage, Exceptional people, publié récemment aux Presses universitaires de Princeton, vient encore de le rappeler.

D’un point de vue social, les études ont montré que la diversité accroit l’innovation. L’immigration apporte aussi de nouvelles cultures et offre l’opportunité de renouveler la société, par petites touches. Les immigrés participent d’ailleurs au financement de la solidarité nationale. Mais il est aussi certain qu’elle modifie profondément les liens sociaux et de solidarité : le sociologue Robert Putnam l’a démontré dans un article célèbre. Tout comme il est évident qu’elle interroge l’ « identité nationale », surtout lorsque celle-ci est contestée par la mondialisation ou la construction européenne.

La mauvaise solution consisterait à rejeter dès lors l’immigration. Cette solution est erronée pour deux raisons. D’abord, la définition de la Nation n’est pas figée : la France de la IIIème République, si vantée, accueillait de très nombreux immigrés qui ont contribué à faire le pays que nous connaissons aujourd’hui. Dans la France de Renan, le plébiscite de tous les jours est un renouvellement régulier de l’adhésion collective, un « creuset » réactualisé. Les cultures se métissent, et principalement celles des immigrés d’ailleurs. Ensuite, le reflux de l’immigration consisterait à refuser d’affronter la réalité : si la France pense avoir du mal à accueillir l’immigration, fût-ce pour des raisons économiques ou sociales, les sources de ces problèmes sont à rechercher en elle-même : c’est la rigidité du marché du travail qui crée le chômage, pas l’immigration ; c’est le caractère non soutenable des finances publiques qui crée les déficits, pas les quelques familles immigrées qui trichent aux allocations familiales. Sans l’immigration, ces problèmes demeureraient.

Dans ce contexte, ouvrir les flux d’immigration de manière plus importante devrait être envisagé rapidement. Nous en avons besoin sur le plan démographique. Nous en bénéficierons en plus sur le plan économique.  Après tout, c’est bien ce que nous avons déjà fait avec les autres pays de l’Union européenne, sans avoir vu des flots d’immigrés d’Europe de l’Est (ou d’ailleurs) envahir la France, et en ayant au contraire bénéficié du dynamisme économique de nos vingt-six partenaires. Nous y gagnerons aussi sur le plan culturel et social, si nous savons réactualiser notre projet commun.

Accroitre les flux migratoires vers la France doit donc être un objectif politique de moyen terme. Ce projet n’est évidemment pas simple. Il  ne peut d’ailleurs venir seul : il doit s’accompagner d’un profond débat collectif mais aussi de réformes structurelles – lesquelles sont de toute manière nécessaires.

L’UMP prolonge un débat qu’elle entretient (pas toujours avec les meilleures intentions) depuis longtemps. Au moins, elle a le mérite d’aborder le sujet. La Gauche, elle, est aux abonnés absents. D’un côté, elle avance un discours favorable à l’immigration et à la diversité, en sombrant parfois dans une grandiloquence généreuse et s’arrogeant la noblesse des belles intentions. De l’autre, elle veut proposer un discours de fermeté, pour prouver qu’elle est aussi crédible que la droite sur ces sujets. Dans les deux cas, il n’est pas certain que l’électorat soit convaincu.  Si ces deux blocs politiques renoncent enfin à leurs visions malthusiennes de l’économie, peut-être pourront ils enfin proposer une politique migratoire crédible et bénéfique pour la France.

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