Il y a-t-il un lien entre islam et démocratie et de quelle nature est-il ?
26 octobre 2012 Poster un commentaire
C’est le débat qui anime quelques articles de la revue Public Choice. Tout est parti d’un premier article qui constatait que les pays musulmans ont moins de probabilité d’être démocratiques. Un article vient de lui répondre.
Dans le volume 151 de la revue, Niklas Potrafke présente un article "l’islam et la démocratie" dont l’objet est de "réinvestiger comment la présence de l’islam affecte la démocratie". Il relève qu’une part élevée de population musulmane a un effet négatif sur la présence d’institutions démocratiques (ce qui peut relever d’un choix délibérer révélant une absence de préférence pour la démocratie). Niklas Potrafke conclue son étude en expliquant que "les résultats empiriques confirment que les pays avec des majorités musulmanes sont, en effet, moins susceptibles d’être démocratiques".
Dans une réponse plus brève (et plus récente), Marek Hanush conteste cette analyse. L’effet relevé est faux selon lui : "il n’y a pas de relation de cause à effet entre l’islam et la démocratie" et "il importe peu pour la démocratie que la population soit musulmane ou non". L’article de Niklas Potrafke comprendrait trop d’omissions dans son analyse. Selon Marek Hanush, la vraie relation n’est pas entre islam et démocratie, mais entre pétrole (et la rente que les pays en tirent) et démocratie. A cette dimension "ressources", s’ajoute une autre liée aux régimes politiques "locaux", qui sont souvent des autocraties. En tout état de cause, les analyses "suggèrent que les musulmans ne sont pas anti-Démocratie". Au fond, "ce n’est pas l’islam qui est incompatible avec la démocratie. La religion n’est pas une contrainte. Mais l’économie et la politique, oui".

